UNESCO

The concept  |   Partners   |  Memberships  |  Calls

Quand les projets construits à Genève rencontrent les cadres internationaux de la connaissance, de l’éducation et de la coopération.

Un projet peut démontrer son efficacité sur un territoire. Le changement d’échelle commence lorsqu’il devient possible de relier cette expérience à des connaissances partagées, à des politiques publiques et à des coopérations entre pays.

C’est dans cette perspective que l’UNESCO trouve une place naturelle dans l’écosystème du Geneva Forum.

La relation ne consiste pas à ajouter une institution internationale au programme d’un événement. Elle prend son sens lorsque les sujets travaillés par la communauté du Forum rencontrent les domaines dans lesquels l’UNESCO construit depuis des décennies des cadres de coopération internationale : sciences, éducation, culture, connaissances, politiques publiques et développement durable.

Le Geneva Forum possède, de son côté, une fonction différente. Il fait travailler ensemble des acteurs qui arrivent avec des expériences, des problèmes, des méthodes et des projets à différents niveaux de maturité, puis cherche à transformer cette matière en collaborations et en projets à impact capables de continuer après la rencontre.

L’un des enjeux devient alors de faire circuler ce qui fonctionne entre le terrain, les projets et les espaces où se construisent les références internationales.

Une relation historique qui passe notamment par Objectif Sciences International

Le lien avec l’écosystème du Forum s’inscrit notamment dans le travail conduit par Objectif Sciences International, co-organisateur historique du Geneva Forum et ONG disposant du statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC des Nations Unies, en partenariat avec l’UNESCO depuis 2014.

Au fil des éditions, différentes composantes du système des Nations Unies ont ainsi pu être associées aux conférences du Forum, tel que l’UNESCO.

Cette relation prend une importance particulière autour des sciences citoyennes et de la recherche participative, mais son potentiel dépasse largement une seule conférence annuelle.

Lorsque la connaissance ne descend plus seulement du laboratoire vers la société

Une partie des projets travaillés au Geneva Forum pose une question devenue centrale : qui produit les connaissances nécessaires pour comprendre un problème et décider d’agir ?

Un chercheur possède une expertise scientifique. Une population connaît intimement son territoire. Une organisation dispose parfois de vingt années d’observations accumulées sans avoir eu les moyens de les transformer en données exploitables. Une administration détient une autre partie de l’information.

Les réunir change la nature du problème.

C’est aussi une question internationale. L’UNESCO travaille aujourd’hui explicitement sur l’élargissement des bases de connaissances utilisées pour éclairer les politiques publiques et sur la manière de dépasser la fragmentation des systèmes de connaissances.

Dans le Geneva Forum, cette question peut immédiatement rencontrer des projets.

La réflexion internationale trouve alors des terrains sur lesquels être confrontée au réel ; les expériences de terrain trouvent, dans l’autre sens, des espaces où leurs enseignements peuvent devenir partageables.

Les sciences citoyennes deviennent une infrastructure

Cette rencontre est particulièrement visible dans la Conférence Annuelle Internationale sur les Sciences Citoyennes, la Recherche Participative, la Crowd-Innovation et les Fab Labs pour la Paix et le Développement.

Les participants n’y viennent pas seulement présenter ce qu’ils font.

La conférence est intégrée au Boot Camp du Geneva Forum : les enseignements d’une demi-journée peuvent donc modifier des projets qui travaillent sur l’eau, la biodiversité, le climat, l’éducation ou d’autres enjeux et qui ont besoin de produire des connaissances à une échelle qu’une équipe scientifique seule ne pourrait atteindre.

Une organisation peut découvrir qu’une partie de son dispositif pourrait devenir participative. Un programme international peut comprendre que des milliers de citoyens pourraient contribuer à l’observation d’un phénomène. Une expérience locale peut révéler une méthode susceptible d’être reproduite ailleurs.

La science citoyenne cesse alors d’être uniquement un sujet de conférence. Elle devient l’une des architectures possibles d’un projet à impact.

De l’expérience locale à ce qui peut être transmis

Le passage à l’échelle ne consiste pas nécessairement à reproduire partout exactement le même dispositif.

Ce qui fonctionne autour d’un lac suisse ne fonctionnera pas automatiquement dans un bassin africain. Une pédagogie développée dans une école européenne ne peut pas simplement être transportée dans un autre système éducatif. Une méthode participative doit tenir compte des cultures, des langues, des institutions et des savoirs présents sur chaque territoire.

C’est justement pour cette raison que la dimension internationale compte.

Il faut pouvoir distinguer ce qui appartient au contexte de ce qui peut devenir une méthode transmissible.

Le Geneva Forum offre un endroit où cette distinction peut être travaillée à partir de projets concrets. L’UNESCO apporte un environnement international dans lequel les questions de connaissance, de transmission et de coopération entre pays prennent une autre portée.

L’éducation entre dans les projets autrement

Cette relation apparaît également dans la session du Geneva Forum consacrée à la Pédagogie de Projet pour réussir l’Éducation.

Car un projet à impact produit presque toujours des besoins de compétences.

Lorsqu’un programme environnemental se déploie dans plusieurs territoires, il faut former celles et ceux qui vont utiliser ses méthodes. Lorsqu’une technologie arrive, son appropriation compte autant que son installation. Lorsqu’un programme scientifique associe des jeunes, la qualité de l’expérience éducative devient elle-même une condition de réussite.

L’éducation n’est donc pas seulement un secteur parmi les autres.

Elle devient l’un des mécanismes par lesquels un projet peut être compris, approprié puis reproduit.

Dans cet espace, les expériences issues du Forum peuvent dialoguer avec les travaux internationaux sur l’éducation et les sciences, tandis que les orientations internationales peuvent être confrontées aux conditions concrètes de leur mise en œuvre.

Au Forum, puis pendant toute l’année

Certaines rencontres commencent pendant la semaine de décembre. Elles n’ont aucune raison de s’y terminer.

Un projet identifié pendant une conférence peut ensuite être approfondi dans les Ateliers mensuels du Management Durable. Un terrain pilote peut être documenté. Une méthode peut être comparée à d’autres expériences. Des acteurs issus de plusieurs pays peuvent progressivement rejoindre la démarche.

Le résultat intéressant n’est pas nécessairement une grande annonce.

Il peut être beaucoup plus structurant : une méthodologie devenue suffisamment robuste pour être partagée, une coalition qui commence à fonctionner, un programme pilote dont les résultats deviennent exploitables ou un projet qui atteint un niveau de maturité permettant d’envisager une coopération institutionnelle plus large.

C’est souvent ainsi que se construisent les relations durables : par la qualité de ce qui est produit ensemble avant la visibilité qui pourra éventuellement lui être donnée.

Des Global Impact Projects comme terrains de convergence

Les Global Impact Projects donnent une autre dimension à cette relation.

Ils sont construits pour agréger des activités qui existent déjà et faire travailler ensemble plusieurs types d’acteurs autour d’enjeux dont l’échelle dépasse celle d’une organisation.

Dans certains cas, la question peut devenir : qu’est-ce qui, dans ce projet, pourrait contribuer à des objectifs internationaux plus larges ? Quelles connaissances produites sur les territoires mériteraient d’être partagées ? Quels protocoles pourraient devenir reproductibles ? Quelles capacités doivent être développées pour permettre à plusieurs pays de participer ?

Le rôle de l’UNESCO dans la rencontre entre ce que les projets expérimentent et les espaces internationaux où connaissances, méthodes, politiques publiques et coopération peuvent dialoguer.

Et parfois, un projet peut devenir une infrastructure internationale

Certains projets dépassent progressivement la logique d’une initiative portée par quelques partenaires.

Ils fédèrent plusieurs pays, développent une méthodologie commune, produisent des connaissances et commencent à remplir une fonction qui pourrait devenir durable.

À ce stade, une autre conversation peut s’ouvrir.

Il ne s’agit plus uniquement de financer un projet mais de se demander quelle architecture internationale pourrait lui permettre de remplir sa mission dans la durée.

Les dispositifs de coopération associés au système multilatéral, lorsque les conditions institutionnelles sont réunies, font alors partie des architectures qu’il devient pertinent d’étudier.

Le Geneva Forum est ainsi l’un des lieux où cette maturation commence, bien avant qu’une éventuelle proposition institutionnelle soit suffisamment construite pour être examinée.

La contribution du Geneva Forum consiste à faire suffisamment progresser ces projets pour qu’ils deviennent des réponses crédibles à des questions que la communauté internationale cherche déjà à résoudre.


Dans la communauté du Geneva Forum, la relation avec l’UNESCO peut ainsi apparaître à plusieurs moments : lorsqu’une expérience produit une connaissance qui mérite d’être partagée, lorsqu’un programme éducatif cherche à changer d’échelle, lorsqu’une démarche de sciences citoyennes doit relier plusieurs pays ou lorsqu’un Global Impact Project commence à acquérir une dimension véritablement internationale.

Elle peut naître du travail lui-même : un projet avance, les résultats deviennent solides, les acteurs se rapprochent et, progressivement, ce qui était une expérimentation commence à devenir une contribution possible à une ambition beaucoup plus large.