Objectif Sciences International

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Quand la science devient un projet collectif

La science peut produire de la connaissance. Elle peut aussi devenir une manière de réunir des citoyens, des chercheurs, des institutions, des entreprises et des territoires autour d’un problème qu’ils ont concrètement besoin de résoudre.

C’est dans cette seconde perspective que Objectif Sciences International – OSI occupe une place particulière au sein du Geneva Forum.

Par ailleurs, OSI est co-organisateur historique du Forum de Genève et accompagne son développement depuis ses premières années. ONG internationale disposant du statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC des Nations Unies depuis 2011, en partenariat avec l’UNESCO depuis 2014 et Major Stakeholder de l’UNEP depuis 2025, elle apporte au Forum son expérience de la recherche participative, de l’éducation aux sciences, des programmes de terrain et de la coopération entre acteurs issus de mondes qui travaillent encore trop rarement ensemble.

Du Palais des Nations au terrain

Une idée peut apparaître pendant une conférence.

Elle peut être reformulée dans un atelier, confrontée à une expertise différente, puis devenir progressivement un projet.

À un certain moment, pourtant, il faut pouvoir répondre à une question beaucoup plus concrète : comment savoir si cela fonctionne réellement ?

C’est là que l’expérience d’Objectif Sciences International prend une autre dimension.

Depuis plusieurs décennies, OSI développe des programmes dans lesquels des citoyens participent directement à des activités de recherche scientifique. Enfants, adolescents, adultes, chercheurs, éducateurs, populations locales et partenaires techniques peuvent ainsi contribuer à produire des observations, expérimenter des protocoles, collecter des données et participer à des projets dont les résultats doivent avoir une utilité réelle.

Cette capacité permet de créer une continuité assez rare entre réflexion internationale, recherche, expérimentation et déploiement territorial.

Un projet discuté à Genève peut ainsi trouver un terrain d’expérimentation.

Une problématique rencontrée sur le terrain peut, dans le mouvement inverse, remonter jusqu’au Forum et y rencontrer les compétences ou partenaires qui lui manquent.

Les sciences citoyennes entrent dans les projets

Cette relation devient particulièrement visible lors de la Conférence Annuelle Internationale sur les Sciences Citoyennes et la Recherche Participative, intégrée au parcours thématique du Geneva Forum.

Mais les sciences citoyennes ne constituent pas simplement une conférence parmi les autres.

Elles peuvent devenir une composante opérationnelle des projets travaillés pendant toute la semaine.

Un programme consacré à l’eau peut avoir besoin de milliers d’observations distribuées sur plusieurs territoires.

Un projet de biodiversité peut devoir associer les habitants à l’identification ou au suivi d’espèces.

Une initiative éducative peut chercher à faire travailler des jeunes sur de véritables questions scientifiques plutôt que sur des exercices simulés.

Une collectivité peut avoir besoin de données que les dispositifs classiques ne permettent pas de produire à l’échelle nécessaire.

La participation citoyenne devient alors une infrastructure du projet.

OSI apporte l’expérience nécessaire pour déterminer ce qui peut réellement être confié aux participants, comment construire les protocoles, comment former celles et ceux qui les appliqueront et comment articuler cette participation avec les exigences scientifiques.

Le Forum peut aussi être le début d’un programme de recherche participative

Toutes les organisations qui arrivent au Geneva Forum ne disposent évidemment pas déjà d’un programme scientifique.

Elles peuvent simplement avoir un terrain, une question, une population avec laquelle elles travaillent depuis longtemps, des observations qu’elles ne savent pas encore comment exploiter.

Ou une problématique suffisamment importante pour mériter plusieurs années de recherche.

La rencontre avec OSI peut alors ouvrir une autre trajectoire : transformer une activité, un terrain, une expertise ou une question scientifique en programme de recherche participative.

Le projet peut commencer modestement, par un protocole ou un premier terrain pilote. Puis associer une université, des établissements scolaires, des chercheurs, des collectivités ou d’autres opérateurs. Et, lorsque le sujet le justifie, devenir progressivement un programme international.

C’est également ainsi que certaines composantes peuvent rejoindre les Global Impact Projects développés au sein du Forum.

Des participants qui ne restent pas spectateurs

La pédagogie développée par OSI repose depuis longtemps sur une idée simple : on comprend autrement une discipline lorsque l’on contribue réellement à quelque chose.

Cette approche trouve naturellement sa place dans le fonctionnement du Geneva Forum.

Une personne peut venir avec une expertise scientifique et découvrir qu’un projet international en a précisément besoin.

Un chercheur peut rencontrer un opérateur capable d’ouvrir un terrain inaccessible à son laboratoire.

Une ONG peut comprendre que certaines données qu’elle collecte depuis des années pourraient devenir la base d’un véritable protocole de recherche.

Et des jeunes peuvent eux aussi prendre part à cette dynamique, non pas uniquement comme public auquel on expliquerait les enjeux du monde, mais comme participants capables de contribuer progressivement à leur compréhension et à leur résolution.

Pendant le Forum, mais surtout entre deux Forums

La semaine de décembre constitue un point de rencontre particulièrement visible. Elle n’est pourtant qu’un moment du cycle.

Les projets continuent ensuite.

Des protocoles doivent être construits. Des équipes formées. Des terrains identifiés. Des partenaires scientifiques approchés. Des expérimentations lancées, corrigées puis reproduites.

Les ateliers mensuels du Geneva Forum permettent de revenir régulièrement sur ces avancées. Les programmes d’OSI peuvent offrir des espaces de mise en pratique. De nouveaux partenaires peuvent rejoindre le travail en cours de route.

Une conversation commencée autour d’une table à Genève peut ainsi devenir, quelques mois plus tard, une expérimentation menée sur le terrain.

Et ce qui est appris sur ce terrain revient ensuite enrichir le projet.

Une organisation, plusieurs fonctions dans le même écosystème

La singularité d’Objectif Sciences International tient aussi à cette pluralité.

OSI est à la fois partenaire-organisateur historique du Geneva Forum, organisation disposant d’une relation institutionnelle avec le système des Nations Unies par son statut consultatif ECOSOC, acteur de la recherche participative, opérateur de programmes scientifiques et éducatifs et partenaire potentiel de projets nécessitant une capacité de déploiement sur le terrain.

Selon les situations, son rôle change donc.

Il peut être celui qui aide à faire émerger une question scientifique. Celui qui construit un dispositif participatif. Celui qui mobilise une communauté. Celui qui apporte une expérience pédagogique. Celui qui contribue à un consortium plus vaste sans prétendre en occuper le centre.

Faire circuler les capacités entre Genève et les territoires

C’est peut-être là que la relation entre Objectif Sciences International et le Geneva Forum prend tout son sens.

Le Forum crée un espace où une problématique peut rencontrer des acteurs qu’elle n’aurait probablement jamais réunis seule.

OSI contribue à ce que certaines de ces rencontres puissent ensuite devenir des expériences, des recherches, des programmes éducatifs et des actions observables sur le terrain.

Puis les résultats, les difficultés et les nouvelles questions reviennent dans la conversation.

Entre le Geneva Forum et Objectif Sciences International, il ne s’agit donc pas seulement de faire entrer davantage de science dans les projets. Il s’agit de permettre aux projets, aux territoires et aux citoyens de participer eux-mêmes à la production des connaissances dont ils ont besoin pour agir.


Au cours du Geneva Forum comme pendant le reste de l’année, Objectif Sciences International constitue ainsi l’une des passerelles entre la communauté réunie à Genève et les réalités du terrain.

On peut la rencontrer parce que l’on possède déjà un programme scientifique. Parce qu’un projet a besoin d’un protocole, d’un terrain ou de participants. Parce qu’une organisation souhaite développer une démarche de recherche participative. Ou simplement parce qu’une question rencontrée dans son activité mérite enfin d’être étudiée.

Une question réelle, un terrain, une expertise ou un projet peuvent suffire pour commencer à construire la suite.